Le remède made in Algeria

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Et pendant tout ce temps l'Algérie ne pouvait pas fabriquer de médicament. La raisons? C'est parce que la recherche clinique n'est pas suffisamment encadrée dans notre pays. En attendant sa promulgation, la nouvelle loi sur la santé a réellement déblayé le terrain pour entamer ce segment déterminant de la recherche, qui est important y compris pour l'industrie pharmaceutique (qualité des produits).
De par le monde, si un laboratoire pharmaceutique veut développer un nouveau médicament ou même revendiquer une nouvelle utilisation (indication) sur un ancien médicament, il est obligé de faire les essais cliniques. Le laboratoire en question s'appelle promoteur et les médecins qui vont faire l'essai clinique s'appellent les experts.
Pour l'exécution d'une vraie politique pharmaceutique, plusieurs secteurs doivent intervenir. Le législateur doit définir clairement leurs pouvoirs, leurs obligations et leurs responsabilités.
La fonction première d'une loi est d'opérer une distinction entre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas. Ainsi, la loi sur les produits pharmaceutiques définit qui a le droit d'importer, de fabriquer les médicaments ou encore d'en prescrire.
Rappelons-nous de l'épisode RHB, un supposé traitement anti-diabète «Rahmat Rebbi», qui a menacé la santé de plusieurs patients. La gravité du phénomène a été telle que même le ministre de la Santé de l'époque, Abdelmalek Boudiaf, lui-même a été fourvoyé dans cette dangereuse affaire. En fixant le cadre à travers une agence du médicament, ainsi que le développement du médicament, la nouvelle loi sur la santé a consacré une grande partie à la recherche clinique. C'est une règle: on ne peut pas avoir de nouveaux médicaments sans recherche sur l'homme. C'est connu chez les professionnels du domaine, un nouveau médicament ne peut pas être commercialisé avant d'avoir prouvé qu'il est réellement bénéfique pour le patient donc il faut au préalable faire des essais (recherche clinique) sur l'homme d'abord sain et ensuite l'homme malade. C'est un passage obligé pour une industrie pharmaceutique qui veut développer des nouveaux médicaments. L'Algérie a engagé depuis ces huit dernières années une politique de réduction de sa facture d'importation de médicaments estimée, bon an mal an, à 2 milliards de dollars.La première mesure était d'interdire l'importation des médicaments fabriqués localement et inciter à l'investissement local. Il fallait aller plus loin. La nouvelle loi va non seulement booster l'industrie pharmaceutique dans notre pays, mais elle permettra aux laboratoires étrangers d'investir ce créneau maintenant que l'argument de l'inexistence du cadre juridique n'existe plus. De par sa consistance et son attractivité, le marché algérien peut désormais prétendre attirer des géants comme Sanofi, Aventis, Pfizer et Merck qui font à la fois de la recherche et de la commercialisation des médicaments. Sommes-nous sur la bonne voie pour gagner ce pari? Il faut le croire...à un remède made in Algeria.
L'arène est ouverte, c'est aux laboratoires pharmaceutiques de s'y mettre.