Que nous réserve 2018?

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Loin de nous de jouer au médium, mais faut-il être devin pour pressentir que 2018 sera l'année la plus dangereuse pour l'humanité au moment où les tensions s'accentuent? 2018 sera une année difficile, complexe où l'homme sera encore une fois son plus périlleux prédateur. Les présidents états-unien, Donald Trump et nord-coréen, Kim Jong-Un, nous en ont donné la démonstration tout au long de l'année 2017. Deux psychopathes prêts à mettre avec enthousiasme le feu à la planète. Aux côtés de l'homme - lambda certes, mais en particulier le dirigeant qui, théoriquement, est investi d'une mission de paix et de sécurité pour le monde - qui a détruit, peut détruire, sciemment ou inconsciemment, ce qu'il a mis tant de siècles à construire - cf; les dévastations du patrimoine civilisationnel en Afghanistan, en Irak, en Syrie...- il y a également un péril plus grave celui de la nature, induit par un changement climatique qui menace la survie même de certains pays. Le réchauffement climatique, la pollution aujourd'hui mortifère, ce sont encore les «oeuvres» de l'homme. Ainsi, ce que 2017 a couvé pourrait éclore soudainement - et pas au bénéfice de l'humanité - en 2018, année qui se présente comme un tournant déterminant pour la stabilité et la sécurité de la planète. Il faut savoir aussi, que 2018 c'est l'année du centenaire de la fin de la Grande guerre (1914-1918). Que de réminiscences en perspective! En cette clôture de l'année 2017, plusieurs conflits, sont essentiellement concentrés au «Grand Moyen-Orient» [en y incluant l'Afghanistan] et une partie de l'Afrique. Les guerres en Syrie, en Irak, en Libye, en Afghanistan singulièrement, découlent de fait de la détermination de grandes puissances, notamment les Etats-Unis [le projet «néocon» israélo-états-unien de reconfiguration et de réorganisation d'un Grand Moyen-Orient «élargi» «GMO» en une série d'Etats confessionnels, ethniques ou tribaux. La guerre dite «civile» en Syrie, les tentatives de morceler l'Irak, comme la Libye participent à l'entretien de tensions négatives pour les peuples concernés et pour la paix et la sécurité de cette région en général. D'autre part, comme pour fermer les portes à toute possibilité d'issue pacifique et négociée du conflit-israélo-palestinien, le président des Etats-Unis en a ravivé les dissensions en décidant de reconnaître la Ville sainte, El Qods, «capitale» d'Israël et d'y transférer l'ambassade US. Comme si cela ne suffisait pas - et pour empêcher tout retour à la raison - il y a le nouveau conflit du Yémen. La déstabilisation de cette région du monde, entre en fait de plain-pied dans ce qui se manigance contre le Monde arabe. Il en est ainsi de l'agression que l'Arabie saoudite - sous couvert d'une pseudo-coalition «arabe» - mène depuis mars 2015 contre le Yémen, le pays du monde le plus pauvre et le plus démuni. Une Arabie saoudite qui ne sait quoi faire de ses milliards de pétrodollars, investis dans des achats inconsidérés d'armements qui ne lui ont pas permis de venir à bout des milices Houthis qui, certainement, ne représentent pas une puissance militaire. Or, c'est ce pays qui «rêve» et fait des projets de conquête de l'ancienne Perse comme de mettre bas le régime hérité de Rouhollah Khomeini. En fait, analystes politiques, stratèges de salon, s'attendent en 2018 au commencement d'une guerre entre l'Arabie saoudite et l'Iran. Pour le profit de qui? Certes pas pour celui des peuples saoudien et iranien. Le second «front» qui pourrait s'ouvrir en 2018 - il serait alors meurtrier pour la sécurité de la planète - c'est celui de la Corée du Nord. En octobre dernier, le président des Etats-Unis, Donald Trump, impulsif et provocateur, s'est dit «prêt» à «détruire» la Corée du Nord, après le lancement d'un énième missile intercontinental (Icbm) par Pyongyang. Il serait très «capable» de lancer une bombe atomique sur la capitale nord-coréenne. Aussi, la Corée du Nord pourrait être en 2018, la région de fracture et de point de non-retour, si l'on excipe de la possibilité qu'une guerre dans la péninsule coréenne ne pourrait être que nucléaire, avec les retombées que cela induirait sur les pays de voisinage. Pays qui eux-mêmes - cf; la Corée du Sud et le Japon - n'hésitent pas à mettre de l'huile sur le feu, encourageant le maître de la Maison-Blanche à passer à l'action. Outre cela, la nature s'y met aussi, bouleversée par les agissements néfastes de l'homme. Ainsi, la colère de la nature s'est exprimée ces dernières années induite par le changement climatique (fonte des glaces, montée des eaux des océans et des mers) qui ont entraîné des séismes, inondations, éruptions volcaniques et autres glissements de terrains, tous aussi meurtriers les uns que les autres. Il n'y avait donc pas besoin d'être voyant pour établir son pronostic sur un monde qui va de mal en pis. Et 2018 n'annonce pas d'apaisement dans ces folies.