Nos réserves de changes fondent à vue d'oeil

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«BMS» financier. Le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Loukal, a confirmé, lundi dernier, les prévisions faites par le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, en septembre dernier. Nos réserves de changes ont baissé, comme prévu, à 97 milliards de dollars à la fin de l'année 2017. Elles étaient à 114 milliards de dollars à la fin de l'année 2016. C'est-à-dire que pour faire face à nos dépenses extérieures durant l'année écoulée, il a fallu puiser 17 milliards de dollars de notre matelas de devises. Ce qui veut dire aussi que les indicateurs sur lesquels travaillent nos responsables financiers sont fiables. Tellement fiables que la suite de leurs prévisions devraient interpeller tous les Algériens de manière générale et plus particulièrement les opérateurs économiques tant publics que privés. Y compris d'ailleurs les partenaires sociaux qui doivent adapter leurs actions à cette difficile conjoncture. En effet et dès le mois d'octobre dernier, Raouya avait prévu que nos réserves de changes «devraient s'établir à 85,2 milliards de dollars à fin 2018 et à fin 2019 à 79,7 milliards de dollars avant d'atteindre 76,2 milliards de dollars en 2020». Autrement dit, l'équilibre de notre balance commerciale n'est pas pour demain. En langage simple, nos importations persistent à être plus importantes que nos exportations. Et ceci malgré une forte augmentation de nos exportations pétrolières et la relative embellie des prix du baril. Quant à nos exportations hors hydrocarbures, estimées en 2017 à 5,5%, celles-ci sont loin de nous donner l'occasion de pavoiser. Pire que çà, certaines d'entre elles comme les agrumes suivent la marche de l'écrevisse, c'est-à-dire à reculons. Nous avons déjà rapporté, dans ces mêmes colonnes, la baisse de 50% de nos exportations d'agrumes en 2017 par rapport à l'année précédente. Mais où allons-nous ainsi? Nous jeter droit dans les bras du FMI et de l'endettement extérieur? Si le président Bouteflika n'avait pas procédé, en 2006, au désendettement anticipé, nous serions aujourd'hui déjà dans de beaux draps. Quand on se rappelle ce que représentait uniquement le poids du service de la dette (c'est-à-dire les intérêts) et le cercle vicieux dans lequel il nous enfermait, nous devrions normalement nous ressaisir, redoubler d'efforts et de créativité, pour ne plus vivre le même cauchemar. Ce qui, visiblement, n'est malheureusement pas encore le cas. Cette baisse des recettes des exportations d'agrumes devrait faire l'objet d'une enquête. Nous pouvons mieux exporter notre huile d'olive, nos dattes, notre liège, notre cuir, etc. Pourquoi notre production de céréales stagne? Tout comme notre production laitière? Pourquoi attendre de jeter une partie de notre production de tomate pour se rappeler que nous devons développer notre industrie de transformation? Depuis des années, le foncier industriel et les zones d'activités nous occupent l'esprit. Quand aurons-nous réglé ce problème? Les jours, les mois et les années passent et...se ressemblent. A quand le déclic? A quand le sursaut qui nous évitera le diktat de l'emprunt extérieur?