Syrie: la grande manipulation!

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Cette antienne - «Assad tue son peuple» «Assad utilise des armes chimiques contre son peuple» - a été «chantée» sur tous les tons ces dernières années par la propagande occidentale (diplomatique et médias aux ordres). Aussi, à force de répétition, à force d'amplifier des cris d'horreur simulés, ces faux [on a même utilisé des images provenant d'autres drames pour accréditer l'effroi qui, selon les propagateurs, sévirait en Syrie] ont acquis - ont fini par acquérir - auprès de l'opinion publique internationale la qualité du vrai. Ce Assad serait donc un monstre. Un ancien ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, [qui touvait que la branche syrienne d'Al Qaîda, Jabhet al-Nosra, laquelle massacrait la population syrienne, faisait du «bon boulot»] avait appelé à l'assassinat du président syrien qui, dit-il, «ne mérite pas de vivre». C'est ainsi que l'on a ancré dans l'esprit des gens que le régime syrien serait un «ramassis de criminels» juste bon à jeter dans les fours crématoires. Or, voilà que Jim Mattis [secrétaire à la Défense des Etats-Unis] un homme au-dessus de tout soupçon, une voix on ne peut plus autorisée, balaie ces affabulations, assurant qu'il n'existe aucune preuve attestant que Assad aurait usé d'armes prohibées. En fait, les accusations contre le président syrien, Bachar al-Assad, sont des «fake news» (des fausses nouvelles) destinés à accabler un homme auquel on a, dès le début de ladite rébellion en Syrie, cherché à couper la tête. Curieusement, cette information dont la portée n'est pas à souligner a été passée par pertes et profit par les médias occidentaux qui n'en ont fait aucune mention. Seul Newsweek, dans son édition américaine du 8 février 2018, avait rapporté le scoop en titrant «Now Mattis admits there was no evidence Assad used poison gas on his people» (Maintenant Mattis reconnaît qu'il n'y avait aucune preuve que Assad utilise du gaz asphyxiant contre son peuple). Mattis (ancien général de l'armée états-unienne) a tenu ces propos lors de son point de presse au Pentagone le 2 février dernier. Il est patent que le ministre de la Défense états-unienne savait de quoi il parlait lorsqu'il affirma qu'aucune preuve n'existait impliquant le gouvernement syrien dans l'usage d'armes prohibées. Le drame est que les médias et agences qui se font un devoir de donner en temps réel des informations essentielles, fassent l'impasse sur un fait qui relève de l'exclusivité. Ainsi, aucun des médias - à l'exception d'un seul, cité plus haut - si prompts à alerter sur des affaires de moeurs - n'a trouvé d'intérêt à répercuter les propos du patron du Pentagone sur les armes chimiques. Propos qui, mettant en doute l'utilisation par Damas d'armes interdites par les conventions internationales, dédouane quelque peu le régime syrien. Un ratage médiatique incompréhensible. D'autant plus que le ton aurait été autre et l'information réitérée à l'excès, si Jim Mattis avait, a contrario, clamé qu'il détenait les preuves de l'implication du gouvernement syrien dans l'utilisation des armes chimiques. Et ce sont ces médias - les agences de presse en particulier à large diffusion mondiale - qui parlent doctement d'éthique et de déontologie. Allons donc!
Pour les évènements de Syrie, l'éthique a bel et bien été laissée aux vestiaires. Ainsi, ces agences de presse «internationales» reprenaient sans aucune précaution les informations partisanes d'un pseudo «observateur syrien des droits de l'homme (Osdh, basé en Grande-Bretagne) sans discernement ni contrôle que la déontologie exige. Or, une agence de presse comme l'AFP - qui reprend telles quelles les «alertes» émises par l'Osdh - nous avait habitués à avertir quant à la véracité de l'information lorsqu'elle ne peut pas l'authentifier de source indépendante. Ce qui n'est pas le cas pour l'Osdh, partisan de la rébellion, qui distille les «infos» à sens unique et toutes destinées à diaboliser le gouvernement de Damas. En fait, de Syrie, seules les informations qui pouvaient noircir outre mesure et ébranler Damas sont prises en compte. Et l'un des accusateurs patentés de Damas d'usage d'armes prohibées «contre son peuple» est encore cet étrange observateur (soi-disant syrien) des droits de l'homme. Beaucoup de choses fausses, dans leur majorité, ont été dites quant à la guerre qui décime la Syrie (peuple et infrastructures) devenant par la force des redites la réalité de ce qui se passe en Syrie. Ainsi, sur au moins deux attaques présumées aux armes chimiques (la Ghouta en 2013 et Khan Cheikhoune en 2017), les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et les médias mainstream se sont empressés de les faire endosser, sans autre forme de procès, au régime syrien. Ce que Jim Mattis réfute indirectement, en estimant qu'il n'existe pas de preuve impliquant Damas. Ce que la Russie dit et répète depuis des années sans être entendue par ces «faiseurs» d'opinion des médias dominants.