Le Ramadhan, l'absentéisme et les parlementaires

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Exemplarité. Voici venu le mois sacré de Ramadhan. Un mois de piété, mais pas que...Parmi ses «effets secondaires» figure en bonne place la hausse du taux d'absentéisme des personnels dans le secteur public. C'est bien de le souligner, car dans le secteur privé les absentéistes sont plutôt rares. Pourquoi? le laxisme régnant dans le premier cas n'a pas droit de cité dans le second cas. C'est simple et très efficace. Toujours dans le premier cas, le mois de Ramadhan ne va que compliquer une situation qui existe toute l'année. Une situation qui n'épargne aucune sphère d'activités. Le 6 mai dernier, le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, a laissé éclater sa colère devant un hémicycle clairsemé. Beaucoup de sénateurs «sèchent» les audiences. Où sont-ils? Que font-ils? ils sont ailleurs à vaquer à leurs propres affaires. Bensalah a ordonné à son administration d'effectuer des ponctions sur le salaire des absents. Ce n'est malheureusement pas spécifique au Sénat. A l'APN, c'est le même topo. Abdelkader Bouhadja, le président de l'Assemblée populaire nationale a décidé, en janvier dernier, de sévir en ponctionnant le salaire des députés absents. Ce sont donc les deux chambres qui sont atteintes de ce fléau et cela ne date malheureusement pas d'hier. Et pas seulement chez nous. Depuis le 3 mai dernier et devant l'ampleur du phénomène, l'Assemblée belge a décidé que les parlementaires absentéistes pourront perdre jusqu'à 60% de leur salaire. En France même constat. Même menace brandie contre les députés qui désertent l'hémicycle. Le président de l'Assemblée française, François de Rugy, veut également «taper» dans le salaire des députés qui «oublient» de se rendre au palais Bourbon. Nous citons ces exemples parce qu'ils existent, mais non pas pour servir «d'alibi» à notre représentation nationale. Car et si leurs comportements est en soi répréhensible, ils donnent, en temps ordinaire, un mauvais signal à l'ensemble des travailleurs. Un mauvais signal qui se complique davantage durant le mois de Ramadhan où l'absentéisme atteint son pic le plus fort. Pas seulement, puisque même le rythme et la qualité du travail des présents, en prennent un bon coup durant cette période de l'année. Les dégâts qu'infligent nos parlementaires au Trésor public par leur mauvais exemple, sont inqualifiables et inadmissibles. C'est un aspect dont on parle peu lorsqu'on évoque le mois de Ramadhan. Il n'est question que de bouffe et de prix au marché. Le ventre prend toute la place. Ce qui laisse très peu d'espace à l'hygiène publique. Encore moins à l'hygiène corporelle sans laquelle il ne peut y avoir de piété. A nos imams de nous éclairer!