Accidents de la route: un bilan globalement positif

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Il est de tradition dans notre pays de présenter les bilans comme des hauts faits de nature à conforter les responsables dans leur certitude que «les choses avancent». Malheureusement, rares sont ceux qui nous diront dans quel sens, et à quel rythme, cette
progression s'effectue, de telle sorte que, de bilan en bilan, on se retrouve, bon an mal an, au même point! Cela dit, des raisons existent qui permettent, en certaines occasions, de considérer qu'un léger mieux a effectivement été enregistré. C'est le cas des accidents de la route qui, durant le mois sacré du Ramadhan 2018, paraissent avoir été moindres que pour les mêmes périodes antérieures. A quoi cela est dû? Sans doute pas aux campagnes de sensibilisation successives dont on connaît l'impact réel sur le comportement des terroristes de la route, entre autres, ni aux aspects coercitifs de la loi dont les sanctions, pour aussi dures qu'elles puissent paraître, restent étroitement tributaires des conditions pratiques de leur mise en oeuvre. Point n'est besoin d'interroger les chauffards qui sont «passés devant la commission» pour en ressortir un sourire béat au visage, on ne sait pour quel motif avéré si ce n'est celui du passe-passe. Le bilan de 2017, communiqué sous forme de synthèse par les services de sécurité routière chargés de la prévention et de la sanction dans les zones urbaines et rurales, faisait ressortir une «baisse sensible» des personnes tuées (3 639) et blessées (36 287) par rapport à l'année précédente. Au total, il y eut, nous dit-on, 25 038 accidents avec une diminution du nombre de décès (-0,9%), mais le plus intéressant en cela reste que le phénomène de la diminution observé remonte à plusieurs années précédentes. Déjà, semble-t-il, le travail des responsables qui ont présidé à la mise en oeuvre de mesures draconiennes tant dans le cadre de la loi revue et amendée de 2004, en 2009, que dans la préparation d'un cahier des charges autrement plus exigeant pour la formation des nouveaux conducteurs, avec l'augmentation sensible du nombre d'heures exigées auprès des auto-écoles, en constitue la génèse. Toutes ces actions ont probablement eu un effet salvateur, par-delà les réserves qu'on peut formuler en parfaite connaissance de cause quant à leur mise en oeuvre efficiente. A ce jour, on attend encore que soient corrigées, par exemple, les déficiences au sens physiologique du terme dont les routes et même l'autoroute Est-Ouest sont affligées en ce qui concerne les panneaux de signalisation, des éléments dont l'incidence sur les accidents de la circulation ne sont pas à négliger. Restent les observations coutumières des instances chargées de la prévention et de la sécurité, sachant, depuis belle lurette, que le facteur humain, l'excès de vitesse et...l'insuffisance de la formation mise en lumière par le manque de vigilance constituent les principaux facteurs des accidents de la route, sans oublier le fait que la tranche d'âge la plus incriminée demeure celle des moins de 30 ans. Pour autant, il convient de relever le fait que le Ramadhan 2018 apporte sa pierre à l'édifice et que, sensiblement, la situation évolue dans un sens globalement positif!