Bac, 5 jours sans Internet

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Zéro triche? C'est aujourd'hui que commencent les épreuves pour plus de 700 000 candidats au baccalauréat. Un événement de portée nationale. Un événement fait de stress pour les candidats, mais aussi pour leurs parents. Un événement culte qui pèse de tout son poids sur la vie future des postulants. Pour ce grand moment, chacun y va de sa recette. Bien dormir la veille, arrêter les révisions quelques jours avant, etc. Ceci avant le coup d'envoi. Ensuite viennent les «conseils» peu recommandables. Il y a des décennies c'était le «copiage» qui dominait. Risqué et pas très sûr comme moyen. Il suffisait que celui qu'on croyait être une «lumière» écrive des bêtises et c'est tous les «copieurs» qui faisaient les mêmes. Depuis l'avènement des TIC et Internet, la triche a pris d'autres proportions. Fini les inscriptions sur la main ou sur un petit bout de papier enfoui dans le creux de la main. C'est le smartphone, l'oreillette, c'est la 4G, c'est l'Internet. Le «souffleur» dicte à distance la bonne réponse. Plus besoin de fatiguer ses neurones. Plus besoin de faire le moindre effort. Il suffit d'être «branché». D'année en année, cette nouvelle forme de triche a pris d'énormes proportions. Jusqu'à refaire une deuxième fois l'examen. Comme en 2016. Depuis il fallait bien en tirer les leçons et trouver la parade. Supprimer les portables en salle d'examen? Insuffisant tant les objets connectés sont multiples et miniaturisés. Installer des «brouilleurs» dans les classes? Gigantesque travail et très coûteux. Alors, le gouvernement a pensé cette année à couper carrément «le service Internet pendant la première heure de chaque épreuve». Sur l'ensemble du territoire national. Aux grands maux les grands remèdes. Avec une exception, celle «des opérateurs économiques disposant de liaisons spécialisées, assurant un service d'Intranet» est-il précisé. On verra bien, à l'usage, si aucun risque n'existe de ce côté-là. Quoiqu'il en soit, cette triche au bac n'est pas imputable aux seuls candidats qui veulent s'assurer à tout prix le succès. Il y a des forces malveillantes qui agissent en vue de déstabiliser le pays sachant l'impact de cette épreuve sur tout le corps social du pays. Des forces qui peuvent agir de n'importe quel point du globe, voire même des Etats (pourquoi pas) qui ne nous veulent pas que du bien. Car et au-delà de l'effet immédiat sur l'ordre public, c'est tout le système éducatif qui en prendrait un sacré coup. Et puis surtout c'est l'assurance même de nos élèves et futurs adultes qui serait gravement atteinte. La différence entre un candidat qui réussit son bac sans triche avec celui qui l'obtient sans effort est facile à discerner. C'est le mérite contre l'incompétence. Il est certain qu'un bachelier méritant passera toute sa vie sans complexe ni remords alors que son contraire doutera de tout et de rien. Comme on peut le constater, l'enjeu est de taille. Les parents devraient aider leurs enfants et le gouvernement dans cette oeuvre protectrice de la probité des candidats. Pour cette bonne cause il ne faut pas lésiner sur les moyens. Quitte à couper l'Internet complètement durant les cinq jours. Pourquoi pas. Histoire de transformer positivement notre retard de connectivité!