Le jour où l'Algérie a sauvé son unité

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Cicatrices. Il y a 13 ans, le 29 septembre 2005, les Algériens ont adopté par référendum, à 97,36%, la Charte pour la paix et la Réconciliation nationale. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui est l'architecte de cet événement historique, n'a pas eu la partie facile pour mener à terme son projet. Les tenants du chaos savaient que le président allait ainsi contrer tous leurs complots contre l'Algérie et les Algériens. Car il faut bien appeler un chat, un chat. Dès sa naissance en 1990, l'islamisme politique a pris un essor fulgurant en jouant sur la fibre religieuse des Algériens. Qui a oublié l'inscription au laser dans le ciel du stade du 5-Juillet? Qui a oublié ces Algériens en transe et leurs larmes en écoutant des prêches incendiaires dans ce même stade? Qui a oublié toute la fantasmagorie diffusée à l'époque? De la vieille morte qui se réveille chaque nuit et sort de son tombeau du cimetière de Garidi (W.Alger) jusqu'à l'enfant de 5 ans qui parvenait à subjuguer des adultes avec ses prises de paroles. Qui a oublié l'occupation de la place du 1er-Mai dans la capitale? Tous ces souvenirs et d'autres encore n'étaient que les prémices d'une longue tragédie que les Algériens allaient vivre dans la douleur, les larmes et les morts. Pas seulement dans l'indifférence totale du reste de l'humanité, mais comme des pestiférés à mettre en quarantaine. En un temps record, plus aucun avion étranger n'atterrissait à Alger. Seule Air Algérie assurait vaillamment ses vols avec des aéroports (comme Paris) qui lui étaient interdits. Pendant ce temps, à l'intérieur du territoire, c'était l'horreur. Les Algériens qui s'étaient pris au jeu de la politique dont ils ignoraient tout, se sont vite retrouvés dépassés et submergés par un phénomène de tuerie de masse que personne ne pouvait plus arrêter. Les attentats succédaient aux attentats. Les premières cibles furent les intellectuels (universitaires, cadres, journalistes, artistes, etc.). Ensuite, c'est toute la population qui était en danger. Hommes, femmes, enfants, vieillards. Bentalha, Raïs, n'en sont que des exemples car à l'intérieur du pays ce sont des villages entiers qui étaient martyrisés par un terrorisme masqué et sans pitié (GIA, Gspc,...) que l'AIS n'avait pas vu venir. Dix longues années dans le feu et le sang. Dix longues années au cours desquelles la République a vacillé, mais ne s'est pas écroulée grâce à l'Armée nationale populaire et aux autres services de sécurité. En 1999, le moudjahid Abdelaziz Bouteflika, en se portant candidat à la présidence de la République, avait son idée pour stopper définitivement le chaos. Ce n'était pas un bazooka qu'il avait ramené, mais sa force de persuasion pour convaincre le peuple de la meilleure manière de tarir les sources du mal. La charte qu'il avait prévue avait pour objectif de dépeupler les maquis terroristes, de reconstruire l'unité et la cohésion nationales mises à mal par le cycle infernal de la division née de la violence qui appelle la vengeance. Il lui a fallu 6 années (1999-2005) pour réussir cette Réconciliation nationale, clé de la paix et de la stabilité. Une réussite qui a dépassé nos frontières pour devenir une référence dans le monde dans le règlement des conflits. Le 29 septembre est une journée que les Algériens ne devraient jamais oublier. Pour ne plus se faire piéger par les marchands du chaos!