La leçon de morale de Benghebrit

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Eduquer les éducateurs. C'est le dilemme auquel est confrontée Nouria Benghebrit, ministre de l'Education nationale. Elle a saisi la Journée mondiale des enseignants, samedi dernier, pour faire part de son souci. «Une école de qualité en appelle à des enseignants dotés d'un haut sens de responsabilité et de qualités professionnelles basées sur l'équité, la tolérance, le respect et l'engagement envers les élèves et la famille éducative», a souligné la ministre dans son intervention. Elle n'apprend rien aux âmes bien nées, tant ces exigences découlent naturellement de la fonction d'éducateur. Mais si elle a cru bon de rappeler qu'une école de qualité ne peut se faire qu'avec des enseignants eux-mêmes de qualité, c'est qu'il y a des raisons. Elle s'en expliquera d'ailleurs. Certaines «attitudes individuelles susceptibles de donner une mauvaise image de l'enseignant», sont à bannir, a-t-elle précisé. Elle en citera deux parmi les plus condamnables. La violence exercée contre les élèves et l'abus des cours particuliers. Deux comportements qui doivent être dénoncés par toute la société. D'autant, a-t-elle ajouté, que l'Etat a fait des efforts remarquables «afin d'améliorer le statut social et les conditions professionnelles de l'enseignant». On sait qu'elle va imposer les critères de compétence pour la titularisation des enseignants. On sait aussi qu'elle veut faire de l'année scolaire 2018-2019, celle de la formation par excellence. Du personnel de l'éducation d'abord. Ce qui garantira ensuite celle des élèves. En temps normal nous aurions été dans une lapalissade absolue. La qualité de l'enseignement de l'élève dépend forcément de la qualité de l'enseignant. On a mis du temps pour ne plus cacher ces vérités. L'esprit des enfants est vierge. Il «s'alimente» des exemples qui l'entourent. Si l'élève a le malheur d'avoir un enseignant violent, il y a de fortes probabilités pour qu'il reproduise plus tard cette violence. «Normal!» diraient nos enfants. Si l'écolier a le malheur d'avoir un enseignant obsédé par le gain facile, il mémorisera la cupidité comme étant «normale!». L'exemplarité, voilà le maître-mot qui devrait suivre l'enseignant tout au long de sa carrière. Chacun sait que les adultes passent toute leur vie avec l'image de leur enseignant ou enseignante. L'image peut être bonne ou mauvaise. C'est selon ce que l'élève aura retenu de son maître. On y trouve l'hygiène corporelle, le langage respectueux, la compétence, la tête bien «faite», etc. L'idéal serait que l'enfant retrouve ces exigences à l'école et à la maison. Pour son plein épanouissement et sa performance une fois adulte. Bref, pour bien former les générations futures, Benghebrit «s'appuie» sur la formation des formateurs. Difficile challenge!