Russie-Occident, menace nucléaire?

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Escalade. Mise en garde du président russe, Vladimir Poutine. Lors d'une conférence jeudi dernier à Sotchi, il a prévenu que «tout agresseur voulant frapper la Russie avec des armes atomiques sera détruit...L'agresseur doit être conscient que la vengeance est imminente et qu'il sera détruit dans tous les cas». Sans préciser de quel agresseur il s'agissait. Le chef d'Etat d'une superpuissance qui évoque la menace d'une guerre nucléaire doit avoir de sérieuses raisons de le faire. Il faut juste se rappeler que le mois dernier, la Russie avait organisé les plus grandes manoeuvres militaires de son histoire avec la participation de l'armée chinoise. Pour le quartier général de l'Otan, ces manoeuvres «ressemblent à une répétition avant un conflit de grande ampleur». Il faut dire que les signes d'une confrontation de ce genre ne manquent pas depuis quelque temps. Depuis le conflit ukrainien en 2013 et le rattachement de la Crimée à la Russie en 2014, l'Occident dans son ensemble multiplie les actions contre la Russie. Sanctions diplomatiques, sanctions économiques, accusations d'attentats à l'arme biologique, accusation d'ingérence dans les élections américaines, etc. Il ne se passe pas une semaine sans que de nouveaux événements viennent augmenter la tension entre les pays occidentaux et la Russie. Il faut dire que l'intervention militaire russe en Syrie décidée en 2015 est un autre motif de discorde. Encore plus après, l'annonce de la livraison à la Syrie des systèmes de défense antiaérienne S-300. Le fait que cette intervention a débouché sur la victoire du gouvernement syrien contre les terroristes, a exacerbé les tensions entre ce qui était jadis «l'Est et l'Ouest». Mais sans énumérer toutes les actions qui alimentent les tensions, la déclaration de Poutine, jeudi dernier, intervient le lendemain de la fusillade qui a fait 19 morts et 50 blessés dans un collège en Crimée. L'enquête n'a pas encore déterminée s'il s'agit d'un attentat terroriste, mais l'utilisation d'explosif suivi de tirs à l'arme de guerre ne laissent que peu de doute quant à la signature d'un tel carnage. Le retour en force sur la scène internationale de la Russie et notamment dans le règlement des grands conflits indispose sérieusement l'Occident qui s'était mis déjà dans l'habit de l'unique gendarme du monde. Ceci dit, il est clair que le président Poutine ne se serait pas prononcé de la sorte s'il n'avait pas de sérieux indices en sa possession. Ses services de renseignements sont connus pour leur efficacité. Sauf que si une guerre nucléaire éclate, personne n'est en mesure de prévoir l'ampleur qu'elle prendra. Dans tous les cas, pas très loin de l'apocalypse!