Quand le fossé se creusera

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Dans une étude intitulée «2018, Energy transition Outlook», parue il y a quelques semaines et passée plus ou moins inaperçue, une société norvégienne de classification maritime DNV-GL affirmait que l'Afrique du Nord continuera, avec le Moyen-Orient et le Nord-Est de l'Eurasie, à représenter la plus grande partie de la production de gaz conventionnel à l'horizon 2050. L'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et le Nord-Est de l'Eurasie (l'Europe du côté ouest et l'Asie du côté Est) demeureront les plus grands producteurs de gaz conventionnel tandis que l'Amérique du Nord poursuivra sa domination dans le domaine de la production de gaz non conventionnel, estimaient les auteurs de l'étude. En offshore, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient devraient ainsi afficher le plus haut taux annuel de production de gaz, d'ici à 2050 au moins, prédit l'étude qui table en outre sur un doublement avant la fin des années 40 de la capacité mondiale de liquéfaction. Dans cette prospective, il est par ailleurs pronostiqué une envolée du commerce du gaz provenant de l'Afrique subsaharienne à destination de l'Inde et des pays d'Asie du Sud-Est. La bonne nouvelle pour l'Algérie qui est en train de consumer son pétrole à petits feux et doit impérativement se tourner vers une meilleure gestion de son gaz naturel et liquéfié pour ne pas subir les aléas du marché et répéter à l'infini les erreurs du passé, c'est de savoir que cette richesse va inévitablement devenir la source mondiale numéro 1 d'énergie à mi-chemin de la fin du siècle en cours, sachant que dans moins d'une décennie déjà, elle constituera selon la plupart des experts un quart de l'approvisionnement énergétique mondial! C'est dire s'il est temps de penser aux investissements nécessaires pour non seulement dynamiser la production en la matière, mais aussi et surtout doter le pays des infrastructures annexes de liquéfaction, sachant que l'Algérie a beaucoup à gagner en se tournant vers le continent africain dont elle est une porte incontournable alors même qu'elle en est largement absente en termes d'échanges et de coopération.Les prévisions les plus optimistes donnent le signe du déclin pétrolier dans quelques années à peine, alors que la majorité des pays industriels se lance à corps perdu dans la fabrication des véhicules électriques, appelés à transformer radicalement les habitudes des consommateurs ainsi que les conditions propres à la préservation de l'environnement. Des domaines auxquels il n'est pas sûr que nos gestionnaires et nos «planificateurs» attachent une quelconque importance, à une période charnière qui voit le fossé technologique en passe de s'aggraver entre les deux rives de la Méditerranée.