La priorité du journaliste algérien

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Jour de fête. Aujourd'hui sera remis, aux lauréats, le prix du président de la République du journaliste professionnel. C'est également lui, le président Abdelaziz Bouteflika qui a décrété, en 2013, que le 22 octobre de chaque année sera une «Journée nationale de la presse». Deux marques d'intérêt du chef de l'Etat à l'endroit des journalistes algériens qui témoignent d'une forte volonté politique de soutenir, d'encourager et d'accompagner les journalistes dans leur vie professionnelle. Il a également voulu marquer la complémentarité qu'il y a entre l'universel (Journée mondiale de la presse du 3 mai de chaque année) et la spécificité algérienne de l'exercice de cette noble profession. Nous avons les mêmes bases que les journalistes du reste du monde, mais nous nous distinguons par notre mission qui doit être en harmonie avec les exigences de la reconstruction de notre pays. Nous devons avoir les mêmes compétences que les journalistes américains, anglais ou français, mais pas forcément la même approche dans nos couvertures de l'actualité ou dans nos commentaires des événements. Les Etats-Unis et les Américains sont indépendants depuis 1776, l'Angleterre depuis le Xe siècle (927) et la France depuis Charlemagne en l'an 800. Des indépendances qui se comptent en siècles alors que nous sommes indépendants depuis seulement 56 ans. Les besoins de notre pays en termes de reconstruction sont immenses. Ceux des Algériens aussi. Un rapide survol des années depuis 1962 nous montre l'ampleur du chantier de reconstruction qu'a connu l'Algérie et que la colonisation avait laissée exsangue (pas un sou au Trésor, tous les postes de maîtrise abandonnés, 99% d'analphabètes etc.) ainsi que les différentes mutations qu'a connues la population algérienne durant le même temps. Non seulement notre mission de journaliste nous oblige à ne pas singer les confrères occidentaux, mais surtout à faire preuve de créativité pour répondre aux véritables besoins de notre pays et de nos compatriotes. D'autant, qu'en plus de l'énorme décalage qui existe entre notre pays et les pays que nous avons cités, nous sommes le seul pays au monde à faire face à des ennemis tenaces et rancuniers qui nourrissent d'obscurs desseins pour notre pays depuis 1830. Il n'est plus question pour eux de débarquer une nouvelle fois à Sidi Ferruch, mais de trouver des larbins autochtones qu'ils soumettraient à leurs ordres. Si c'est le rôle de notre armée et de nos services de sécurité de nous protéger contre ces prédateurs, notre rôle de journalistes est d'éclairer l'opinion publique nationale et même internationale sur les dangers qui nous guettent. Il est vrai que notre tâche s'est compliquée avec l'arrivée des nouvelles technologies. Ce qui a induit une grande vitesse de l'information et des images en temps réel que nous ne pouvons concurrencer que par nos éclairages, par nos analyses et notre crédibilité. C'est pourquoi l'essentiel des efforts, tant des pouvoirs publics que des patrons de presse, devra être axé sur la formation. C'est là que réside le salut du journaliste algérien!