L'or et le diamant en Algérie

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Relance. Notre ministre de l'Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, s'est rendu au forum d'El Moudjahid, dimanche dernier. S'il a beaucoup parlé de zones industrielles, de l'automobile, de l'industrie pharmaceutique, ce qui retient particulièrement l'attention ce sont les gisements d'or et de diamants que recèle notre sous-sol et que nous n'exploitons pas encore. Pour plusieurs raisons. «L'exploitation du gisement d'or et le développement de cette activité en Algérie demeure une priorité pour nous. Malheureusement, nous n'avons pas les compétences nécessaires pour y faire face par nous-mêmes, c'est pourquoi nous sommes en discussions avec des partenaires étrangers pour faire de véritables mines d'or» a précisé Yousfi lors de cette conférence. Il nous apprend que nos réserves connues «dépassent les 100 tonnes». Ce qui n'est qu'une approximation car, a-t-il ajouté, «le potentiel national existant n'est pas encore connu de manière précise». Il a rappelé le choix d'un mauvais partenaire qui par le passé «se limitait à l'exploitation des couches superficielles sur des périmètres très larges, ce qui donnait une production «insuffisante» de l'ordre d'une tonne par an». Quantité si minime qu'elle en devient suspecte. Il faut savoir que la Chine produit près de 500 tonnes d'or, que la Russie et l'Australie près de 300 tonnes, etc. Le contrat avec le «mauvais» partenaire a été évidemment rompu. Des discussions avec d'autres partenaires sont en cours. Yousfi a également abordé les gisements de diamants en Algérie, mais sans trop s'étaler. Souci de confidentialité ou absence de données précises? Ce qui est sûr, concernant ces deux produits, c'est qu'il faut ajouter à la partie technique, une bonne dose de politique et de chasse gardée de certains lobbys. Chacun sait que la plaque tournante du marché mondial du diamant est Anvers en Belgique. Il en va de même pour l'or que se répartissent les orfèvres lorsqu'il s'agit de sa transformation. Ces deux matières très précieuses existent dans notre sous-sol et même en surface pour l'or. En témoignent ces multiples arrestations d'orpailleurs (chercheurs d'or) dans le Sud du pays par nos militaires. Ils viennent avec tout l'équipement nécessaire. Marteaux piqueurs, détecteurs de métaux, etc. Ceci dit, Yousfi a raison de dire que nous n'avons pas d'expérience dans ce domaine. C'est pourquoi l'investissement privé national n'a pas investi ce créneau. Explorer le sous-sol, exploiter une mine, quelque qu'elle soit, n'existe pas dans l'historique mental des Algériens. Juste après l'indépendance, le 6 mai 1966 plus précisément, l'Etat algérien avait décidé la nationalisation de nos mines qu'il avait confiées à la Société nationale de recherches et d'exploitation minières (Sonarem) créée une année après. En 1983, ce qu'on a appelé «restructuration» avait fait éclater cette société en six autres entreprises. Pour ne pas dire en six morceaux. Plus un groupe industriel censé regrouper ces six «morceaux». Lundi dernier, le P-DG de Sonatrach, a annoncé que les compagnies étrangères se bousculaient dans notre pays pour la relance de leurs activités dans les hydrocarbures. Souhaitons à Yousfi de rencontrer le même intérêt chez les partenaires étrangers qu'il cherche pour l'or et le diamant!