Les télés algériennes sur satellite algérien

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Le «made in bladi» prend de la hauteur. Depuis jeudi dernier, 64ème anniversaire du 1er Novembre 1954, les chaînes de télévision et les radios publiques ainsi que l'APS (agence Algérie Presse Service) sont diffusées par le satellite algérien de télécommunication Alcomsat-1. Le choix de cette date n'est pas fortuit. Il s'agit, comme l'a rappelé le DG de l'Agence spatiale algérienne (Asal), Azzedine Oussedik, dans une de ses interventions «du renforcement de la souveraineté nationale en matière de télécommunication». Il faut dire aussi que ce satellite qui a été lancé le 10 décembre dernier, en partenariat avec la Chine a subi différents tests. Avec succès. Onze mois mis à profit avant sa mise en exploitation jeudi dernier. Ce sont des Algériens formés en Chine qui sont à la manoeuvre à partir du centre de Bouchaoui (Alger) et de Boughezoul (Médéa). C'est le 6ème satellite algérien lancé depuis 2002, année de la création de l'Asal. Cette entrée dans le domaine spatial, nous la devons au président Bouteflika. Si les cinq précédents satellites sont dédiés à «l'observation de la Terre au plan de l'environnement, de l'aménagement du territoire, des ressources minières et agricoles, de l'urbanisme et des transports ainsi que pour la prévention et la gestion des risques majeurs», Alcomsat 1 est le premier satellite de télédiffusion. Mais pas seulement, car ses domaines d'utilisation sont multiples et vont de la téléphonie à la fourniture de l'Internet à haut débit en passant par la géolocalisation et la télémédecine. Pour ceux qui veulent orienter leurs antennes sur ce satellite pour avoir les chaînes (tv et radios) algériennes en HD (haute définition), sa position orbitale est de 24,8° Ouest. Il couvre bien entendu l'ensemble du territoire national et toute la région de l'Afrique du Nord ainsi que la vaste étendue du Sahel. Dans cette nouvelle phase d'exploitation commerciale, il est certain qu'il y a là un défi à relever. Rendre ce satellite attractif pour attirer les chaînes privées algériennes. En mars dernier, le ministre de la Communication, Djamal Kaouane, avait précisé à partir d'Oran où il était en visite, que «la porte est ouverte aux chaînes privées désirant diffuser sur le satellite Alcomsat 1, qui a d'énormes capacités et constitue un acquis pour l'Algérie». Si l'on se réfère à la large couverture de la commémoration du 1er Novembre 1954 de la majorité des télés privées algériennes, il y a des raisons de croire qu'elles utiliseront avec force cet instrument de progrès qui fait la fierté de tous les Algériens. Pour les aider dans leur décision, il faudrait que l'Asal, ATS (Algérie télécom Satellite) et TDA (établissement public de télédiffusion d'Algérie), agissent de concert pour mettre en place des mécanismes d'incitation en direction des foyers algériens. Comme par exemple, des petites équipes volantes pour l'orientation gratuite des antennes. Sur simple appel téléphonique. Voire même des antennes à tarif préférentiel qui remplaceraient les anciennes. Comme il n'est pas question de nous arrêter en si bon chemin, le programme en cours qui couvre la période 2006-2020 n'est pas encore arrivé à terme que le programme 2020-2040 qui verra le lancement de plusieurs autres satellites de dernière génération «est actuellement à l'étude» avait annoncé Oussedik. Des Algériens à la conquête de l'espace. En 1954 ce n'était même pas de la science-fiction!