L'économie verte algéro-italienne

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Opportunité. Incontestablement, c'est la visite qu'effectue aujourd'hui dans notre pays le président du Conseil des ministres italien, Giuseppe Conte, qui a permis la «remontée en surface» d'un dossier de coopération économique. Celui de la réalisation d'une usine de transformation des déchets des cuirs tannés en fertilisants agricoles. Le projet date de 2014. Suite à un appel d'offres, c'est une entreprise italienne qui a été retenue pour la réalisation de ce projet industriel pour le compte de la société publique Aced (Algérienne des cuirs et dérivés). C'est un projet qui revient de loin car à l'époque (2014) il avait été suspendu pour cause de crise financière suite à la chute du prix du baril de pétrole. Il vient d'être «dégelé» et bénéficie d'un accompagnement financier de la BNA en plus de celui du CPA qui était déjà en place. L'usine sera implantée dans la zone industrielle de Rouiba (Alger) et commencera à produire en 2019. Ce projet est intéressant à plusieurs titres. D'abord il y a des stocks de déchets de cuirs tannés qui attendent depuis 21 ans. Ils sont estimés à 100.000 tonnes. De plus, les cinq unités de production de l'Aced génèrent 7500 nouvelles tonnes chaque année. Ceci sans compter les tanneries du secteur privé qui représentent 60% du marché national et qui trouveront dans ce projet algéro-italien le moyen idéal d'écouler leurs déchets. Ceci nous fait penser aussi à la collecte des peaux de moutons commencée cette année à l'occasion de l'Aïd El Adha. 900.000 peaux d'ovins ont été collectées dans les six wilayas pilotes du pays. Ce sera huit fois plus lorsque l'opération sera généralisée à l'ensemble du territoire national. Donc et en premier lieu, cette unité de transformation entre dans le cadre de la diversification de l'économie nationale comme l'a si bien rappelé notre ministre de l'Industrie et des Mines, Youcef Yousfi. Mieux encore, elle s'insère dans un processus de récupération des déchets, qui préserve l'environnement. Toujours dans le bio, les fertilisants agricoles qui seront obtenus à partir de ces déchets de cuirs passeront par «un process technologique qui éliminera le chrome utilisé dans le traitement et le tannage des peaux brutes» a précisé le directeur de ce projet, Nasser Lazirou. On parle d'innovation, de créativité, de ville intelligente, on peut à présent parler aussi d'industrie intelligente en y incluant ce projet d'usine de fertilisants à base de déchets de cuirs tannés. Mais pas seulement puisque la laine, qui est une autre récupération sur ces mêmes peaux, constitue également une ressource appréciable. Reste un seul point que l'Aced doit régler. «Nous souhaitons trouver un partenaire public ou privé spécialisé dans le domaine de la production des fertilisants et auquel on souhaiterait confier la gestion de l'usine, du fait que la société Aced, dont la vocation est la production du cuir, n'est pas spécialisée dans les fertilisants», a expliqué Lazirou. Pas de temps à perdre. Le nouveau partenaire pourra ainsi suivre toutes les étapes d'installation des équipements, des essais et veiller à la clause du contrat qui prévoit «d'assurer le transfert d'expertise et du savoir-faire et la formation du personnel». C'est une recherche qui aurait dû commencer en 2014!