Djellab, la surfacturation et les yaourts

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L'amont et l'Aval. Le ministre du commerce, Saïd Djellab, est formel. La lutte contre la surfacturation sera sans merci. Il l'a dit devant la commission du budget et des finances de l'APN qui examine le projet de loi de finances 2019. Pour être plus efficace, cette lutte se fait en coordination avec les services de nos douanes. Sauf qu'il y a un hic. «Nous menons actuellement des enquêtes en vue de déterminer les pays dont les exportations connaissent des tentatives de surfacturation» a-t-il déclaré, selon le quotidien El Moudjahid, aux membres de la commission. Ce qui revient à dire que Djellab n'en est qu'au stade des «repérages» alors que la surfacturation est, depuis des années, un véritable fléau dans notre pays. Il compte, toujours selon la même source et après avoir identifié les pays où nos importateurs ont jeté leur dévolu pour surfacturer, recourir à «des accords (avec ces pays) qui permettront de vérifier le montant des factures. Pendant qu'il est en train de chercher les «cachettes» des transferts illicites de capitaux et croire que les pays qui exportent vers notre pays vont l'aider dans sa lutte contre la surfacturation, un autre moyen de faire passer illégalement des devises se constitue en prenant de l'ampleur progressivement. Nous avions, à plusieurs reprises, dénoncé l'exportation, après transformation, de denrées importées. Comme le sucre par exemple. Et bien des indices montrent que cette pratique fait toujours bonne recette. Preuve qu'elle n'a pas été jugulée. Pourquoi s'étonner si la poudre de lait veut, à son tour, suivre le sucre. Le président de l'Apab (Association des producteurs algériens de boissons), Ali Hamani, est monté au créneau pour lancer un «cri d'alarme» en direction de nos pouvoirs publics. Selon lui, les transformateurs de lait et de produits laitiers «souffrent de difficultés d'approvisionnement en matières premières». Entendre par là l'importation de poudre de lait. Il n'est pas question ici des fabricants de lait en sachets au prix subventionné et qui sont régulièrement approvisionné par l'Onil (Office national interprofessionnel du lait). Non, il s'agit pour Hamani, des transformateurs qui «importent leurs propres matières premières» et qui ne vivent plus l'abondance d'avant l'instauration des licences d'importation. Il avance comme autre «frein» les «dérogations sanitaires d'importation (DSI)» qui relèvent du ministère de l'Agriculture. Hamani dénonce également «l'absence de coordination» entre ces vétérinaires et les fonctionnaires du ministère du Commerce. Ce n'est que dans sa conclusion que l'on comprend réellement sa démarche. Il se félicite que certains transformateurs réussissent à exporter leurs produits laitiers. De ce fait, «ils méritent d'être soutenus par l'administration». Bon comme ce n'est pas de lait qu'il s'agit, ni de raïb, on comprend qu'il s'agit de yaourts. On vous le donne en mille, quelle est l'entreprise opérant en Algérie et capable d'exporter des yaourts? Si on reprend le fil du raisonnement, la poudre de lait est importée et souvent surfacturée. Le yaourt, qui peut être issu de cette poudre, est exporté. Avec factures évidemment. Djellab serait bien inspiré d'ajouter cette «fenêtre» à son combat!