L'électricité, prix cassé maintenu

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Eclairage. La première bonne nouvelle de l'année 2019 nous vient de notre ministre de l'Energie, Mustapha Guitouni. Il a précisé, dimanche dernier, que la question d'augmenter les tarifs actuels de l'électricité n'était pas à l'ordre du jour du gouvernement. Si les consommateurs se réjouissent de cette annonce, ce sont les responsables de la Sonelgaz qui s'en inquiètent. Leur P-DG avait déclaré, il y a peu, que «les prix actuels ne permettent pas à Sonelgaz d'assurer l'autofinancement de son programme d'investissement». Pour rappel, le prix de revient du KWh est à 12 DA alors qu'il est facturé aux consommateurs à 4 DA. Trois fois moins cher. En d'autres termes, Sonelgaz travaille à perte. Guitouni a donc décidé de réunir les cadres de cette société publique pour leur expliquer qu'ils n'avaient pas de soucis à se faire car la différence est «prise en charge par l'Etat». Et que «Les plans d'urgence (relatifs au programme d'investissement) ont été approuvés et sont financés par des ressources publiques». Il n'empêche que cette situation ne peut pas durer éternellement. Il faudra bien qu'un jour la production d'électricité soit mise sur le marché de manière commerciale. C'est-à-dire au prix coûtant. Ce que Guitouni appelle le «juste prix». Il conçoit que ce jour arrivera «quand on aura ciblé quels sont les ménages qui méritent d'avoir la tranche sociale de 125 KWh». On comprend qu'il s'agit du ciblage en cours des familles à faibles revenus. On comprend aussi que la tranche dite «sociale» est établie à 125 KWh. Ceci dit, cette question relève de toute une politique sociale, unique au monde, que l'Etat algérien a adoptée au profit de ses citoyens. De la distribution de logements jusqu'au prix du pain en passant par toutes les denrées alimentaires de base, les carburants, la santé, l'éducation, et on en passe, tout est subventionné par l'Etat. Pour cela, la loi de finances 2019 consacre une enveloppe, tenez-vous bien, de 1 763 milliards de DA. Soit plus de 176 000 milliards de centimes. Plus de 20% de la totalité du budget de l'Etat. Un effort colossal qui ne trouve cependant pas grâce devant certaines voix qui crient à la vie chère et au pouvoir d'achat érodé. Il suffit de s'intéresser à ces départs massifs d'Algériens qui passent leurs vacances à l'étranger, ou encore au marché florissant de l'automobile pour se rendre compte du contraire. Et arrêter de s'autoflageller!