La "harga", définition et cause

Par

Mutation. C'est un célèbre mathématicien qui a dit qu'un «problème bien posé est à moitié résolu». A l'inverse, s'il est mal posé, il ne peut pas être résolu. C'est une évidence. Sur le thème «L'avenir de nos jeunes, une responsabilité partagée», un forum sur la «harga» a été organisé par le ministère de l'Intérieur. Il a réuni des experts, des chercheurs ainsi que des représentants de la société civile. Répartis sur quatre ateliers, les participants devaient en sortir avec des recommandations. En gros ils ont bûché sur l'aspect économique, sur la communication, sur le rôle de la société civile et sur la culture et les loisirs. A noter que les travaux concernaient uniquement la jeunesse. A priori on peut penser que ce sont eux qui forment la principale «clientèle» de ce phénomène qui «connaît une évolution constante» comme l'a souligné le ministre de l'Intérieur, Nouredine Bedoui. La volonté politique d'éradiquer ce fléau est incontestable. Pourtant, le problème est appréhendé de manière bancale. La «harga», c'est quoi? C'est le «départ du pays de centaines de jeunes, à travers des voies parsemées de dangers et vers une destinée incertaine» précise un document du forum. Bien! Et quelles sont les «voies (non) parsemées de dangers»? Il y a «la voie» du visa pour rester ensuite à l'étranger en «situation irrégulière». Il y a celle de «l'émigration choisie» adoptée, notamment par la France (mais pas que) qui offre à nos universitaires une «harga» sans dangers. En réalité toutes ces «voies» ne sont que des variantes d'un seul et même phénomène. Il n'a pas pour cause le chômage. Pour deux raisons au moins. La première est que «la fuite de nos cerveaux» date des années 1970. La «voie», à l'époque, était la formation à l'étranger.
C'est son ampleur aujourd'hui qui pose problème. La seconde raison est à chercher également dans les millions d'Algériens qui préfèrent passer leurs vacances dans des pays comme la Tunisie qui a le même soleil et les mêmes plages que chez nous. La même raison qui pousse le médecin à aller «ailleurs» quitte à accepter d'être infirmier à l'étranger. Elle est la même chez l'ancien cadre qui accepte d'être chauffeur de taxi chez les autres. Comme elle est la même chez le jeune «harrag» qui ne remplit aucun des critères «légaux». La cause économique n'a concerné que la première génération d'émigrés. Aujourd'hui, c'est une fausse piste!