Une société se réalise par le débat

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Le clap de début de la précampagne électorale a retenti, sitôt la candidature du président de la République, quasi annoncée par l'Alliance présidentielle. Aujourd'hui, il est entendu que tous les courants qui traversent le paysage politique national se sont prononcés sur le rendez-vous du 18 avril prochain. Certains ayant annoncé leur intention de prendre part à la joute présidentielle, d'autres boycottant purement et simplement l'élection, il convient de relever qu'il ne reste pas grand monde sans expression, vis-à-vis du scrutin. Exception faite du Parti des travailleurs qui veut «jouer les prolongations», il est clair que l'opinion nationale sait parfaitement qui veut quoi, comment et pourquoi.
Il reste aux uns et aux autres d'aller dans le détail, d'expliciter leur attitude par rapport à l'échéance électorale majeure et partant, ouvrir une bonne fois pour toutes, un débat sérieux avec les Algériens. Il ne s'agit, évidemment pas, de se contenter de formules toutes faites et d'insultes à l'endroit des adversaires. Ce qu'attendent les citoyens, ce sont des propos censés, logiques et qui s'appuient sur des données claires et vérifiables. En d'autres termes, les Algériens veulent entendre des analyses cohérentes et des propositions concrètes de la part des candidats à la candidature, notamment ceux dont on n'est pas censé douter de leurs capacités de réunir les conditions à même de leur permettre de traverser le «sas» du Conseil constitutionnel. Au-delà des petites phrases et des «peaux de bananes», il est important, pour l'ensemble des prétendants à la magistrature suprême, ainsi que pour leurs représentants aux quatre coins du pays de commencer dès aujourd'hui à se déployer auprès de la société, non pas pour crier des slogans creux, mais pour engager un débat avec les Algériens. Ces derniers, qui savent certainement faire la différence entre un discours populiste sans aucune espèce de prolongement dans leur vie de tous les jours et de vraies propositions à même de changer leur vie ou le visage de leur pays, sont en attente d'une posture responsable de la communauté des politiques. Quant à ceux, parmi le personnel politique, qui considèrent qu'une élection présidentielle est jouée d'avance, oublient qu'une nation ne se construit pas sur un seul ou même une dizaine de rendez-vous électoraux. Ce qui fait les nations, c'est la conscience de leurs citoyens. Cela s'acquiert par le débat.