Caches d'armes, par qui et pour quand?

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Indices. «Dans le cadre de la lutte antiterroriste et grâce à l'exploitation de renseignements, un détachement de l'ANP a découvert, le 26 février 2019, suite à une patrouille menée près de la bande frontalière à Tamanrasset (6ème Région militaire), une cache d'armes et de munitions...» (extrait du communiqué du ministère de la Défense, publié hier). C'est la dernière en date de toutes les caches d'armes découvertes par notre armée. Si l'on faisait le bilan de toutes les armes découvertes depuis des années à travers l'ensemble du territoire national, il y aurait de quoi équiper plus d'une armée. De massacrer à grande échelle. Il faut que les Algériens prêtent plus d'attention à l'ampleur de ces armes cachées et de s'interroger sur les auteurs et de l'usage qu'ils comptaient en faire. Ce ne sont pas des armes pour braconniers. Ce ne sont pas des armes pour des détrousseurs de voyageurs. Ce sont des armes sophistiquées et de plusieurs calibres pour une armée de mercenaires. Ce sont des armes qui ont un coût. Vu leurs quantités et leurs performances, ces armes ne peuvent pas avoir été achetées par de simples contrebandiers. Elles coûtent une fortune qui dépasse celle d'une organisation terroriste quelle qu'elle soit. Elles dépassent les capacités financières d'un groupe d'individus. Un tel arsenal relève des capacités d'un Etat. Pas d'un Etat pauvre. On a cru, à tort évidemment, que le chaos en Libye était le fait des Libyens. C'était au début. On a vu par la suite le largage par la France de Sarkozy des armes dans la région du Djebel Nefoussa (Nord-Ouest de la Libye près de la frontière avec la Tunisie). L'information avait été donnée par le quotidien français Le Figaro. Elle a été ensuite confirmée par l'état-major de l'armée française. Pour la Syrie également. «La France (toujours sous Sarkozy) a fourni des armes à des groupes rebelles syriens dès 2012 alors que l'Union européenne avait imposé un embargo sur de telles livraisons.» C'est François Hollande qui a confié cette information «top secret» au journaliste Xavier Panon dans son livre «Dans les coulisses de la diplomatie française, de Sarkozy à Hollande». D'autres pays ont également armé les terroristes. Pour brouiller les pistes, ces armes étaient fabriquées dans d'autres pays. Les Algériens devraient mieux mesurer le degré de menace devant les caches d'armes que nos militaires découvrent chaque jour. Indices de guerre!