L'autre "message" de Bouteflika

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Secrets d'Etat. «Je fais le serment que je ne laisserai aucune force, politique ou économique, détourner le destin et les richesses de notre nation au profit d'intérêts personnels ou de groupes occultes.», a tenu à préciser dans son dernier message le candidat Abdelaziz Bouteflika et président de la République en exercice. Cette phrase est lourde de sens. Il est question, d'abord, de détournement possible du destin de l'Algérie. Ensuite de détournement des richesses de la nation. S'il y a quelqu'un qui connaît tous les secrets du pays c'est bien Bouteflika avec ses deux décennies à la tête de l'Etat. Pour les richesses de la nation, chacun sait que les prédateurs ne manquent pas. Qu'il s'agisse de la corruption ou de la grande rapine. Aujourd'hui on apprend que même le destin de l'Algérie risque d'être détourné. On connaissait les menaces de déstabilisation et de chaos qui nous guettent. Mais pas le détournement du destin. Pour illustrer la gravité des propos du président, la dernière fois que le destin de l'Algérie a été détourné, c'était en 1830. La France coloniale, après nous avoir occupés, a purement et simplement annexé l'Algérie qui était devenue territoire français. Quant aux Algériens, ils n'étaient ni sujets et encore moins des citoyens. Ils n'existaient pas aux yeux de l'occupant. Pour nous désigner et par commodité de langage, nous étions des «indigènes». Sans plus. La guerre de Libération nationale nous a permis de reprendre en main notre destin et celui de notre pays après huit années de guerre et un million et demi de martyrs. C'était le 5 juillet 1962. Aujourd'hui et 57 ans après, notre président nous apprend que «des intérêts personnels» et «des groupes occultes» menacent de prendre le contrôle du «destin de la nation». Il est vrai que ce sont nos richesses qui, de tout temps, ont attiré les envahisseurs. Et puisque le temps des empires coloniaux est révolu, l'occupation d'un pays se fait autrement. Par procuration pourrait-on dire. On a entendu des voix dire que l'Algérie n'existait pas avant l'occupation française. Que nous n'étions pas les premiers habitants de ce pays. La dernière voix est celle de Julien Dray, «Français d'Algérie» actuellement homme politique et membre du groupe d'amitié France-Israël. Dans une vidéo, il «soutient» nos manifestations et propose de «nous aider à construire l'Algérie nouvelle». Et personne, ici, pour répondre à ce «baiser de Judas»!