Qui sifflera la fin de la partie?

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Exclusion politique, blocage économique, lourdeurs bureaucratiques, cassure entre la société et le pouvoir et climat de tensions permanent. Pleine, la coupe a fini par déborder avec autant de cumuls plaçant le pays dans une situation cruciale, de son histoire politique. Dans le sillage des marches grandioses qui émerveillent la planète entière, on sent un frémissement des élites de la classe politique et des forces sociales agissantes. Timidement mais sûrement, des propositions à même de sortir le pays de cet enlisement commencent à se faire entendre. Eparses, inconsistantes, mais elles sont imbibées du bain démocratique dans lequel vit le pays depuis des semaines.
Certains appellent à la mise en place de «comités populaires» chargés d'ouvrir un «débat politique» sur les revendications populaires en vue de parvenir à une Assemblée nationale constituante pour l'élaboration d'une nouvelle Constitution. On avance la mise en place d'un comité de sages. D'autres évoquent l'article 105 de la Constitution, comme ceux qui revendiquent l'application de l'article 107.
Et d'autres encore ne voient l'issue que dans l'article 102 déclarant comme inapte le chef de l'Etat, s'avère des plus vitales aux fins de permettre une période de transition durant laquelle des personnalités nationales compétentes acceptées par notre peuple et jeunesse auront pour mission de réfléchir et de faire des propositions sur les lendemains et le devenir de notre pays et de ses enfants. Cela étant, les Algériens, qui depuis un mois battent le pavé souhaitent se défaire de manière pacifique du pouvoir actuel.
A l'éveil populaire secouant le joug d'un régime autocratique, viendra nécessairement le sursaut du lendemain des fêtes. Le pays ne peut pas se contenter de la beauté des slogans arborés par les manifestants. La jeunesse algérienne a épaté le monde par son sens de l'humour, son esprit d'inventivité et son degré de politisation élevé. Il y a plus urgent et toutes les décisions qui seront prises durant ces moments cruciaux de notre histoire pèseront très lourd sur l'avenir des générations futures. Les Algériens sont condamnés à trouver un prolongement politique de l'après-marche. Le dialogue est un impératif incontournable. Il faut qu'à un moment l'opposition, la société civile, munis d'une feuille de route précise, négocient avec le pouvoir. Car l'urgence est de mettre en place rapidement les nouvelles institutions pour ensuite penser à l'organisation de l'élection libre et transparente. L'Algérie ne peut pas vivre sans institutions légales, sans élections. Il n'y a pas d'autre choix possible et c'est dans ce choix obligé que la solution réside. Soit, mais qui sifflera la fin de la partie? L'armée peut-être...