Dialoguons!

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L'ingérence est un mot qui fait peur. Il doit faire peur, pour la simple raison que dans tous les pays où cette expression a connu un prolongement sur le terrain, les peuples en ont terriblement souffert. Il n'est pas besoin de relater les faits, aujourd'hui connus de tous, ni d'évoquer les pays qui sont passés par cette terrible épreuve qui, faut-il le souligner, décuple les douleurs et rend impossible toute réconciliation entre les frères d'un même pays. L'ingérence étrangère, présentée à un moment de l'histoire moderne de l'humanité comme un devoir, aura été, pour la civilisation occidentale, son plus horrible «trophée». Après les siècles d'esclavage et d'autres siècles de colonisation et après que des peuples opprimés par un Occident sans foi ni loi se soient libérés de son joug au prix de millions de morts, les maîtres du monde continuent à écraser le genre humain de leur arrogance et de leur besoin bestial de conquête. Ils le font en usant de subterfuges humanitaires pour poursuivre leur domination. Les dirigeants occidentaux qui ont mis leurs peuples dans leurs poches en leur «offrant» quelque 70 ans de paix, se sont mis à dévorer les autres. Ils ont détruit des nations, réduit des populations entières à la famine et organisé la rapine des richesses de grands peuples, eux aussi, réduits à une situation quasi préhistorique, complètement dépossédés de leur culture et renvoyés à l'ère de la prédation primaire. Des nations ont disparu et leurs peuples transformés en un ramassis de hordes sanguinaires, sans foi ni loi. Ce sont là, les conséquences directes de l'ingérence étrangère dans les affaires internes de pays souverains. Que ce mot fasse peur aux Algériens, c'est amplement compréhensible, que les ménagères et pères de familles commencent déjà à appréhender l'avenir immédiat du pays, c'est logique. Disons-le, sans détour, notre pays s'installe petit à petit dans une «zone grise» où les mots prennent des sens autrement plus inquiétants, de jour en jour. Le propos n'est pas d'alarmer les citoyens, mais de souligner que depuis l'éclatement de la crise, les Algériens assistent à des monologues. Près d'un mois après le 22 février, on ne dialogue pas dans ce pays. Et lorsque le dialogue vient à manquer, s'installe la guerre des mots et les «ruptures des ponts». Des failles apparaissent et c'est à ce moment que les tenants du devoir d'ingérence sortent du bois. Alors, ne perdons pas de temps. Dialoguons!