Avec nos soldats aux frontières

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Danger mal perçu. Pendant que l'actualité, chez nous, est braquée sur le Hirak, sur les 2 ou 3 B, pendant que les uns opposent la solution politique à l'ordre constitutionnel, pendant que l'effervescence qui était à son comble avant le début du Ramadhan qui a repris ses droits du monopole de l'info de la vie chère, à des centaines et des milliers de km, des militaires de l'ANP, nos enfants, nos frères veillent sur les frontières de notre grand pays. De Tébessa à Béchar en passant par Illizi et Tamanrasset, sous un climat extrême et des conditions naturelles difficiles, nos soldats ne baissent pas la garde. Ils ont découvert à Tébessa, avant de les détruire, pas moins de 16 casemates construites par des terroristes. A Tamanrasset, il ne se passe pas un seul jour sans que nos forces militaires ne découvrent des caches d'armes et de munitions, ou que des terroristes se rendent ou sont arrêtés. A Adrar, Tindouf, Ouargla, El Oued, dans toutes ces wilayas frontalières, les mêmes découvertes et les mêmes prises sont enregistrées régulièrement. La lutte contre le terrorisme bat son plein le long de nos frontières. Avec deux positions plus importantes que les autres et qui sont celles qui nous séparent du Mali et de la Libye. Des zones de conflits où l'insécurité, le grand banditisme, les armes, la drogue et même les chercheurs d'or, veulent transformer en zones de non droit. Mais pas seulement, puisque les caches d'armes et les casemates découvertes par l'ANP, ne laissent aucun doute sur les projets des terroristes à l'intérieur même de l'Algérie. Au courage et à la témérité de nos soldats on ne peut qu'opposer l'indifférence coupable de la société civile qui a l'air de sous-estimer le danger qui frappe à nos frontières. Si au Mali, le terrorisme s'est renforcé par des conflits tribaux, en Libye c'est carrément une guerre par procuration que se livrent les grandes puissances. Une guerre dont les prolongements vont jusqu'au Conseil de sécurité de l'ONU qui fait l'objet d'une «division profonde» selon l'envoyé spécial de l'ONU en Libye. Trump encourage Haftar, la France cache son jeu, BHL se tait, mais tout ce beau monde pousse les Libyens à s'entre-tuer. Après Salamé, Al-Sarradj est depuis hier en tournée en Occident pour tenter d'éteindre l'incendie. Si la situation se dégrade davantage et que Tripoli tombe, le contrecoup pour les pays voisin est inévitable. Pendant ce temps-là nous crions «Silmia, Silmia»!