VIOLENTS COMBATS À GHAZNI, EN AFGHANISTAN

Les taliban font de la résistance

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Hormis le QG de la police, le bureau du gouverneur et quelques départements publics qui sont contrôlés par le gouvernement, le reste est aux mains des taliban.

Les combats se poursuivaient hier pour la troisième journée consécutive à Ghazni, à l'est de l'Afghanistan, où les taliban se battent toujours malgré la confiance affichée par les autorités. S'exprimant devant la presse en début d'après-midi, le chef d'état-major, le général Sharif Yaftali, a assuré que «les forces de sécurité afghanes étaient en mesure de défendre Ghazni et de ramener la paix et la sécurité dans la ville». «Nous espérons changer la donne dans les deux jours», a-t-il indiqué, affirmant que les points stratégiques de la ville étaient sous contrôle gouvernemental, ce qu'a démenti un responsable local. «Les opérations de nettoyage se poursuivent, notre priorité est de dégager les voies principales». Samedi, le gouvernement s'était montré confiant en affirmant avoir repris le contrôle de cette ville de 280 000 habitants à deux heures au sud de la capitale, sur l'axe principal reliant Kandahar (Sud) à Kaboul. Mais le chef adjoint du conseil provincial, Amanullah Kamrani, a démenti cette assurance hier. Selon lui, «seuls le QG de la police, le bureau du gouverneur et quelques départements publics de Ghazni sont contrôlés par le gouvernement, le reste est aux mains des taliban». «Il y a des dizaines de morts et de blessés, les gens se soignent chez eux ou dans les cliniques», a-t-il poursuivi. «La situation est chaotique et difficile pour les habitants». Selon M. Kamrani, «il est difficile de trouver à manger et de l'eau, si le gouvernement et l'Otan n'interviennent pas, on est au bord d'une catastrophe humanitaire». Pour illustrer la panique qui s'empare des habitants, le responsable a ajouté que le tarif du taxi pour Kaboul, d'ordinaire de 250 afghanis (4 dollars), est passé en trois jours à 3 500 afghanis (50 dollars). Interrogé sur la chaîne de télévision Tolo News, un habitant de Ghazni, Rahmatullah Andar, a également indiqué que «des combats intenses sont toujours en cours en ville, il n'y a toujours pas d'électricité et les réseaux téléphoniques sont coupés», seule une compagnie a réussi à maintenir son service, a précisé le correspondant de l'AFP sur place. «Il n'y a pas assez de forces pour repousser les taliban», a estimé M. Andar.
Les insurgés, arrivés en grand nombre jeudi à Ghazni, avaient annoncé avoir fait venir des renforts des provinces plus au Sud, Zabul et Helmand. Selon le chef de la police locale, Farid Ahmad Marshal, les taliban ont lancé leur assaut jeudi soir entre 23h00 et minuit, en attaquant les barrages de sécurité qui ceinturent la ville. Les élus de Ghazni indiquent avoir alerté à plusieurs reprises les autorités sur les risques d'un assaut des insurgés.