POURPARLERS DE PAIX INTER-YÉMÉNITES

La délégation Houthie est en Suède

Une délégation des rebelles est arrivée mardi en Suède pour participer à des pourparlers cruciaux avec le pouvoir, visant à trouver les moyens de mettre un terme à la guerre dévastatrice au Yémen. Un avion spécialement affrété transportant le médiateur des Nations unies, Martin Griffiths s'est posé peu avant, avec également à son bord les représentants des rebelles, à l'aéroport de Stockholm. La délégation du pouvoir conduite par le ministre des Affaires étrangères Khaled al-Yemani était attendue à son tour, hier soir. La date du début des consultations en Suède n'a pas été annoncée par l'ONU, mais des sources gouvernementales yéménites parlent d'aujourd'hui. «Nous sommes confiants dans le fait que les deux parties se rencontreront cette semaine en Suède», a déclaré le porte-parole des Nations unies Farhan Haq. «Nous n'avons aucune illusion et savons que ce processus ne sera pas facile, mais nous saluons ce premier pas vital et nécessaire», a commenté mardi, dans un communiqué, le département d'Etat américain, appelant les belligérants à y participer «pleinement et sincèrement», tout en «cessant toutes les hostilités en cours». Les rebelles Houthis «n'épargneront aucun effort pour faire réussir les pourparlers», a assuré Mohammed Abdelsalam, au nom des rebelles. L'une des initiatives ayant favorisé ces prochaines discussions est la signature du gouvernement en exil à Aden (sud), et des rebelles d'un accord sur l'échange de centaines de prisonniers. Hadi Haig, chargé de la question des détenus au gouvernement, a déclaré que cet accord concernerait entre 1.500 et 2.000 partisans du gouvernement et entre 1.000 et 1.500 rebelles. Il sera mis en oeuvre après les négociations en Suède. Un représentant des rebelles, Abdel Kader al-Mourtadha, a souhaité qu'il soit «appliqué sans problème». La Croix-Rouge internationale a annoncé qu'elle participerait à l'application de l'accord conclu sous l'égide de M. Griffiths qui a multiplié les efforts pour convaincre les protagonistes de participer aux pourparlers en Suède. L'un des principaux objectifs est de trouver une solution politique pour faire cesser le bain de sang et d'éviter que la grave crise humanitaire n'empire au Yémen, menacé par la famine. Partis en 2014 de leur bastion du nord du Yémen, les rebelles Houthis ont pris le contrôle de vastes régions, dont la capitale et la ville portuaire de Hodeïda (ouest), par laquelle transitent l'aide humanitaire à ce pays pauvre et les importations. En mars 2015, l'Arabie saoudite a pris la tête d'une coalition militaire pour aider le pouvoir au Yémen à stopper la progression des rebelles chiites pro-iraniens. Le MAE des Emirats, Anwar Gargash, dont le pays est un pilier de la coalition militaire, a estimé que les pourparlers en Suède offraient «une occasion décisive pour s'engager avec succès dans une solution politique». «Un Etat stable, important pour la région, ne peut coexister avec des milices illégales», a-t-il toutefois ajouté, notant l'importance de la résolution 2216 de l'ONU qui souligne la légitimité du pouvoir Hadi et exige le retrait des Houthis des secteurs occupés et la restitution des armes lourdes. L'évacuation lundi vers le sultanat d'Oman de rebelles blessés a ouvert la voie aux discussions de Suède.