LE MONDIAL N'A PAS D'ÂGE

Place aux vieux!

La Coupe du Monde, pas pour les quadragénaires? Si Gianluigi Buffon a manqué la marche avec l'Italie, l'Australien Tim Cahill, le Portugais Bruno Alves, le Russe Sergueï Ignachevitch, le Mexicain Rafael Marquez et surtout l'Egyptien Essam El Hadary (45 ans!) sont là pour montrer qu'il n'y a pas d'âge limite pour le Mondial.

El Hadary, le patriarche
25 ans de carrière et enfin une Coupe du monde. A 45 ans, Essam El Hadary a gagné quatre Coupes d'Afrique des Nations mais n'avait jamais pu disputer de Mondial, dont l'Egypte était absente depuis 1990, quand il avait 17 ans. Mais le gardien des Pharaons (154 sélections) a vu sa patience et sa longévité exemplaires récompensées et il va devenir le joueur le plus âgé à disputer une Coupe du monde. Il pourrait même être titulaire vendredi lors du premier match de son équipe face à l'Uruguay. Il battrait alors le record de son homologue colombien Faryd Mondragon, plus vieux joueur à avoir disputé un match lors d'un Mondial: c'était en 2014 et il avait 43 ans et trois jours.

Marquez le vieux brigand
Rafael Marquez s'apprête à disputer sa cinquième Coupe du monde avec le Mexique, un record partagé avec deux gardiens de but - son compatriote Antonio Carbajal et Buffon - et le défenseur allemand Lothar Matthaüs.
L'ancien joueur de Barcelone ou de Monaco, qui évolue désormais dans son pays à l'Atlas, a 39 ans et ses meilleures années sont évidemment derrière lui. Mais comme l'a rappelé son sélectionneur, le Colombien Juan Carlos Osorio, «hors du terrain, il n'y a pas de débat, c'est le footballeur qui peut apporter le plus à l'équipe». Mais hors du terrain, Marquez (141 sélections) est aussi confronté à une affaire très embarrassante: depuis août 2017, le Trésor américain a gelé une partie de ses biens pour sa participation présumée à un réseau de trafic de drogue.

Cahill réussit son pari
Le meilleur buteur de la l'histoire de la sélection australienne (50 buts en 105 matchs) n'en avait pas tout à fait assez. A 38 ans, l'attaquant voudrait rejoindre un club très prestigieux: celui des joueurs ayant marqué lors de quatre éditions de la Coupe du monde, qui n'accueille que le Roi Pelé et les Allemands Uwe Seeler et Miroslav Klose. Dans cette optique, Cahill avait quitté cet hiver Melbourne City pour l'Angleterre et Milwall. Il n'a pas trouvé beaucoup de temps de jeu en D2 anglaise (63 minutes en 10 bouts de matchs), mais cela a suffi pour convaincre son sélectionneur néerlandais Bert van Marwijk de l'emmener en Russie.
Premiers adversaires du vétéran Cahill et des Australiens? La France de Didier Deschamps.

Ignachevitch le local
Comme Cahill, le défenseur du CSKA Moscou Sergueï Ignachevitch a 38 ans et s'est fait une place in extremis en remplaçant Ruslan Kambolov (Roubin Kazan), blessé, dans une liste élargie de 28 joueurs.
Au bout du compte, Ignachevitch (122 sélections) est bien dans les 23 et jouera la Coupe du monde à domicile. «J'ai considéré qu'il serait juste de participer à ce Mondial qui se déroule dans notre pays», a expliqué le défenseur du CSKA.

Bruno Alves et la vieille charnière
C'est ce qu'on appelle une défense expérimentée: José Fonte, 34 ans, Pepe, 35 ans et le doyen, Bruno Alves, 36 ans. Si elle aligne quelques jeunes au milieu de terrain et en attaque aux côtés de la star Cristiano Ronaldo, la sélection portugaise a de vieilles jambes à l'arrière.
Bruno Alves ne part a priori pas titulaire, mais si l'un ou l'autre des deux autres trentenaires de la défense centrale devait avoir besoin de souffler, le guerrier des Glasgow Rangers pourrait ajouter une nouvelle sélection à sa collection qui en compte 95 et s'approcher de la centaine.