LIGUE DES NATIONS

L'Espagne déchaînée contre la Croatie

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D'abord mise en difficulté, l'Espagne s'est offert le scalp du finaliste de la dernière Coupe du monde avec la manière (6-0). De quoi placer la Roja en position de maîtresse de sa poule avec deux victoires en deux rencontres. De son côté, le vice-champion du monde va mal. Très mal.

Ce n'est un secret pour personne: le football de haut niveau se joue très souvent sur des détails. À Elche, l'Espagne s'est d'abord mise en danger par trois fois. Trois occasions franches que les trois Ivan croates (Rakitiæ, Santini et Periiæ) n'ont pas su mettre à profit pour ouvrir le score.
La suite, c'est une action de classe initiée par une transversale millimétrée du capitaine Sergio Ramos pour Dani Carvajal. Côté droit, le latéral du Real Madrid distille un centre de l'extérieur du pied droit pour Saúl Ñíguez lancé à pleine vitesse. D'une tête smashée, le natif du coin s'offre un deuxième but en une semaine après sa réalisation de Wembley et fait basculer la rencontre à l'avantage de la Selección. Un but, avant d'assister à un festival où Marco Asensio va jouer le rôle de maître de cérémonie. Pour sa première à domicile en tant que sélectionneur national, Luis Enrique aligne un onze tourné vers l'avenir. Six titulaires sont membres du Real Madrid, et Sergio Busquets est, comme à l'accoutumée, chargé d'organiser l'entrejeu de la Roja. Mis dans l'embarras sur une relance au pied de David de Gea, le Barcelonais ajuste mal sa passe et permet à la Croatie de se créer la première occasion du match, mais Ivan Rakitiæ manque le cadre de peu pour sa centième sélection. S'ensuivent deux occasions encore plus chaudes: l'une par un Ivan Santini pas assez tueur devant De Gea, l'autre par un Ivan Periiæ dont la frappe est déviée in extremis par Carvajal. Désireuse de conserver le ballon, l'Espagne se fait piquer en contre et inquiète Luis Enrique, sorti du banc pour donner ses consignes. Coïncidence ou pas, c'est le moment où la Croatie va accuser le coup en trois étapes. D'abord, la perte de Sime Vrsaljko, blessé puis remplacé sur son côté droit. Ensuite, l'action collective délicieuse de l'Espagne ponctuée par le but de Saúl Ñíguez (1-0, 23e). Enfin, le show du pied gauche d'Asensio en trois minutes, avec deux frappes furieuses vers le but de Lovre Kaliniæ.
La première file dans le but comme un missile en pleine cible (2-0, 33e), la deuxième fracasse la barre transversale avant de taper le dos du malheureux gardien de La Gantoise (3-0, 35e). Sur sa lancée, l'Espagne ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, comme en témoigne la tête non cadrée de Rodrigo juste avant la pause. Déjà dans une situation critique, la Croatie va continuer sa descente aux enfers dès le retour des vestiaires.
Les deux buteurs ibériques du soir - Saúl et Asensio - combinent pour servir Rodrigo dans la profondeur. Vainqueur de son duel avec Kaliniæ (4-0, 48e), le buteur du FC Valence indique à la Croatie que son match sera à l'image de la couleur de son maillot visiteur: noir. Dans une forme phénoménale, Asensio délivre sa deuxième passe décisive de la soirée à destination du crâne de Ramos, heureux de fêter sa 158e cape internationale par un but (5-0, 57e). Avec cette manita, Luis Enrique peut commencer à faire tourner son effectif: Busquets cède sa place à l'héritier Rodri, Saúl bénéficie d'une ovation méritée pendant qu'Isco se régale d'une nouvelle offrande signée... Asensio (6-0, 70e). Plus qu'un set dans le buffet, la Croatie s'est pris le fer rouge en plein visage.